Pont Jacques-Cartier - 1,67M$ pour des essais de déneigement sur une piste fermée à ses usagers

Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI) a annoncé qu’elle dépensera 1,67M$ pour des essais de déneigement sur la piste
multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier, mais que cette piste demeurera fermée cet hiver.

Ces essais auront lieu concurremment au remplacement des garde-corps en bordure de ladite piste, mais rien n’indique que PJCCI prendra les mesures pour réaliser ces travaux dans les plus brefs délais afin de pouvoir ensuite rouvrir la piste avant le printemps.

En fait, PJCCI se traîne les pieds depuis des années dans ce dossier, malgré les demandes répétées des cyclistes, et le développement du réseau cyclable hivernal des villes riveraines jusqu’aux abords du pont.

Il s’agit d’un des dossiers importants de la Coalition vélo de Montréal et de la nouvelle Association des Piétons et Cyclistes du Pont Jacques-Cartier (APC-PJC). Avec l’argument que ce pont possède des caractéristiques uniques au monde (longueur, pente, surface de béton, froid et fleuve en-dessous) et sans avoir profité des expériences d’ailleurs dans le monde (PJCCI était pourtant au Congrès du vélo d’hiver en février 2017),  PJCCI s’obstine à vouloir étudier ce qu’ailleurs on connaît déjà, alors que des ponts sont déneigés dans tous les pays nordiques. Malheureusement, PJCCI ne connaît pas vraiment les conditions qui prévalent sur la piste
multifonctionnelle du pont, n’ayant jamais procédé à l’observation, et encore moins à la documentation de sa condition au gré de la météo. À
chaque rencontre avec les cyclistes, PJCCI évoque la possibilité de chutes de glace de la structure, de glace noire et d’accumulation de
neige sur la piste, sans vraiment savoir ce qu’il en est. De son côté, l’APC-PJC a déjà bien documenté ces conditions hivernales sur la piste
du pont au cours des années passées, constatant qu’il ne tombe pas de glace de la structure, que la neige n’y reste pas longtemps (le soleil
et le vent la chassent), et qu’il ne se forme pas de glace noire. Un balai et des déglaçants liquides en temps opportun suffiraient sans doute, comme sur les pistes cyclables de Montréal. PJCCI aurait pu utiliser ces méthodes et permettre le passage des cyclistes pour les
tester, quitte à affiche une mise en garde contre les risques encourus. Mais disant redouter les poursuites en justice des cyclistes ayant glissé sur le pont, PJCCI invoque le besoin d’atteindre un tel niveau de sécurité «qu’une grand-mère de 80 ans» (sic!) pourrait y rouler tranquille. Si la Ville de Montréal s’imposait une telle
exigence, aucune piste cyclable ne serait ouverte l’hiver. Alors on préfère tester des tapis chauffants et autres dispositifs coûteux, en
l’absence des cyclistes, bloqués cette année par des panneaux exceptionnellement hauts et difficilement franchissables. Nous craignons que ces essais ne soient qu’une façon pour PJCCI de pouvoir affirmer ensuite qu’il leur est impossible d’assurer à coût raisonnable la sécurité absolue sur la piste multifonctionnelle du
pont Jacques-Cartier, et ainsi de ne jamais l’ouvrir en hiver.
Rappelons qu’on épand annuellement 1500 tonnes de déglaçants sur la chaussée (des véhicules motorisés) du pont Jacques-Cartier, mais rien
sur la piste  multifonctionnelle, que PJCCI choisit plutôt de fermer à la première chute de neige.

https://www.facebook.com/association.pietons.cyclistes.pont.jacques.cartier/videos/864886490346288/

 


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